F I L M G H O U L


by ariel esteban cayer


index

portfolio


find me @ 
fantasia international film festival
panorama-cinéma
fangoria
blue sunshine (RIP, 2010-2012)
spectacular optical (RIP, 2011-2012)

tittom_21@hotmail.com


Antiviral (Brandon Cronenberg, 2012)
This first feature from David Cronenberg’s progeny is an intensely beautiful film, relying of heavily clinical white-on-white tableaux, Caleb Landry Jones’s spellinbindingly physical performance and the idea of body horror applied to the pervasive cult of celebrity. Although it stands out visually (Karim Hussain’s cinematography work is stunning), Brandon Cronenberg crafts a piece that builds (perhaps too closely) on his father’s thematic obsessions — and while that impedes Antiviral from being wholly memorable or original, it doesn’t quite keep it from being enjoyable, artful and enthralling in its own right. I say pretty much everything I have to say about Antiviral in this French-language review, which you can find excerpted below:

Sous d’autres aspects, Brandon Cronenberg ne prétend jamais devoir remplir des souliers autres que les siens, se démarquant, visuellement du moins, par une esthétique très précise d’une flamboyance sourde et épurée. Tandis que l’univers visuel de David Cronenberg naît d’un traitement morne et dystopique de la réalité, Brandon Cronenberg se révèle dès la première image comme un jeune plasticien prometteur, campant sa science-fiction dans une esthétique du vide, dans une pureté des espaces qui rappellera le Carré Blanc (2011) de Jean-Baptiste Leonetti, mais qui sera explicitement confrontée à la chair et au sang. Si Cronenberg nous enrobe de blancheur géométrique, c’est tout de même pour que le rouge détonne davantage lors du troisième acte – où la caméra sera également libérée de sa rigidité formelle le temps d’un plan-séquence sanglant. Le rare coup d’œil à l’extérieur est plus familier, gris, l’atmosphère lourde, comme si minée par cette notion que la célébrité (manipulatrice, fictive pour une grande part) représentant l’utopie du corps et de l’esprit, existe en retrait, inaccessible mais consommable. Par ses tableaux glacials (capturés avec brio par le réalisateur et directeur photo Karim Hussain dont les néons expressionnistes de Hobo with a Shotgun sont l’antithèse même de ce qu’il entreprend ici), Cronenberg parvient à créer une étrange symbiose entre son discours et sa forme, le « blanc sur blanc » constant de la clinique Lucas et de l’appartement de Syd rappelant les arrière-plans artificiels et épurés de la photographie de mode et renvoyant constamment à ce plan d’ouverture trompeur. Plus tôt cette année dans l’excellent Cosmopolis, David Cronenberg, au travers des mots de Don DeLillo, déclarait que « l’argent a perdu sa valeur narrative ». Comme s’il lui répondait, Brandon Cronenberg positionne le corps humain lui-même comme étant la principale valeur marchande et narrative; ces maladies sont produits de consommation, la seule façon de vivre la subjectivité d’une célébrité. [via Panorama-cinéma]

Antiviral (Brandon Cronenberg, 2012)

This first feature from David Cronenberg’s progeny is an intensely beautiful film, relying of heavily clinical white-on-white tableaux, Caleb Landry Jones’s spellinbindingly physical performance and the idea of body horror applied to the pervasive cult of celebrity. Although it stands out visually (Karim Hussain’s cinematography work is stunning), Brandon Cronenberg crafts a piece that builds (perhaps too closely) on his father’s thematic obsessions — and while that impedes Antiviral from being wholly memorable or original, it doesn’t quite keep it from being enjoyable, artful and enthralling in its own right. I say pretty much everything I have to say about Antiviral in this French-language review, which you can find excerpted below:

Sous d’autres aspects, Brandon Cronenberg ne prétend jamais devoir remplir des souliers autres que les siens, se démarquant, visuellement du moins, par une esthétique très précise d’une flamboyance sourde et épurée. Tandis que l’univers visuel de David Cronenberg naît d’un traitement morne et dystopique de la réalité, Brandon Cronenberg se révèle dès la première image comme un jeune plasticien prometteur, campant sa science-fiction dans une esthétique du vide, dans une pureté des espaces qui rappellera le Carré Blanc (2011) de Jean-Baptiste Leonetti, mais qui sera explicitement confrontée à la chair et au sang. Si Cronenberg nous enrobe de blancheur géométrique, c’est tout de même pour que le rouge détonne davantage lors du troisième acte – où la caméra sera également libérée de sa rigidité formelle le temps d’un plan-séquence sanglant. Le rare coup d’œil à l’extérieur est plus familier, gris, l’atmosphère lourde, comme si minée par cette notion que la célébrité (manipulatrice, fictive pour une grande part) représentant l’utopie du corps et de l’esprit, existe en retrait, inaccessible mais consommable. Par ses tableaux glacials (capturés avec brio par le réalisateur et directeur photo Karim Hussain dont les néons expressionnistes de Hobo with a Shotgun sont l’antithèse même de ce qu’il entreprend ici), Cronenberg parvient à créer une étrange symbiose entre son discours et sa forme, le « blanc sur blanc » constant de la clinique Lucas et de l’appartement de Syd rappelant les arrière-plans artificiels et épurés de la photographie de mode et renvoyant constamment à ce plan d’ouverture trompeur. Plus tôt cette année dans l’excellent Cosmopolis, David Cronenberg, au travers des mots de Don DeLillo, déclarait que « l’argent a perdu sa valeur narrative ». Comme s’il lui répondait, Brandon Cronenberg positionne le corps humain lui-même comme étant la principale valeur marchande et narrative; ces maladies sont produits de consommation, la seule façon de vivre la subjectivité d’une célébrité. [via Panorama-cinéma]

# of notes: 11
notes
  1. hdisappearhere reblogged this from filmghoul
  2. filmghoul posted this